vendredi 20 novembre 2009

Michael Rother - prince de la motorik


Membre majeur des premiers âges de Kraftwerk, puis co-fondateur du mythique Neu! (avec le pré-punk Klaus Dinger), le guitariste Michael Rother participe au fabuleux projet Harmonia (avec le duo Cluster dont j'ai déjà parlé ici) - un "super-groupe" de motorik planante au style inclassable, puis démarre une longue carrière solo à partir de 1976 jusqu'à aujourd'hui.

Son style assez unique de guitare est marqué par une grande clarté et luminosité, pas très loin de la "ligne claire" comme on dit en BD. Il tisse des nappes planantes parfois un peu à la Robert Fripp mais ses harmonies restent totalement limpides et évidentes ! Un immense musicien dont la carrière solo mérite vraiment qu'on s'y arrête !

Chants à écouter : Chants à acheter :

mardi 17 novembre 2009

Achim Reichel & Machines - échos du voyage vert


Achim Reichel & Machines fait partie des gros oublis du Krautrocksampler de Julian Cope. Ce dernier s'est largement rattrapé depuis avec un billet dithyrambique sur son blog ! Véritable pionnier, le chanteur et guitariste virtuose Achim Reichel a utilisé à outrance les techniques de re-recording et de réinjection avec une chambre d'écho bien avant certains jazzmen contemporains.

Son premier album solo Die grüne Reise (The green journey) (1971) est une merveille d'acid rock avec plusieurs pistes totalement expérimentales (imaginez une sorte de Stockhausen qui aurait écouté du Zappa). Son second album Echo va beaucoup plus loin encore dans un registre plus planant et symphonique. Malheureusement totalement inédit en CD, ce double-album dépasserait d'ailleurs de peu la durée normale d'un compact-disc, il faudrait sûrement l'écourter de quelques minutes comme les ingénieurs du son d'Island l'ont fait quand ils ont remasterisé le Slow dazzle de John Cale.

Chants à écouter : Chants à acheter :

jeudi 12 novembre 2009

Colin Newman - l'homme de l'ombre du post-punk

Il y a fallu au moins deux décennies pour que la période post-punk (1978-1984) passablement méprisée jusqu'alors - soit enfin re-considérée à sa juste valeur. Grâce en soit rendue à Simon Reynolds et son splendide Rip It Up and Start Again que je dévore avidement depuis quelques jours.

Colin Newman est sûrement l'un des musiciens mythiques parmi les moins connus de la pop anglaise de cette époque. Seulement quelques lignes sur lui (mais que des louanges) dans le fameux Dictionnaire du rock de Michka Assayas. Pourtant la carrière solo du leader de Wire, qui est également producteur (Novice d'Alain Bashung ou le 1er LP des Virgin Prunes) mérite le détour ne serait que pour cet intriguant disque d'avant-garde instrumentale nommé Provisionally Entitled the Singing Fish (datant de 1981 - un flop monumental évidemment, j'ai d'ailleurs longtemps ignoré totalement l'existence de ce LP, introuvable même aux puces).

L'album, uniquement composé de titres tous nommés Fish suivi d'un suffixe numéroté de 1 à 12, ne ressemble à rien de connu : le musicien s'étant aussi bien inspiré des ragas indiens que du minimalisme américain et de compositeurs répétitifs comme Steve Reich, mais en bien mieux à mon avis (superpositions de trames électroniques, rythmes parfois ethniques ou longues nappes "ambient", voire électro-acoustiques), c'est toutes ces recherches de textures et d'atmosphères qu'on retrouvera sur le Ulakanakulot des Virgin Prunes ou encore les Tu m'as jeté et Elle fait l'avion d'Alain Bashung.

Un disque comme Not To (1982) est également très excitant : pas mal de pistes qui ressemblent aux travaux précédents de Wire vers la fin des années 70 et aussi par rapport à son 1er album solo (A-Z qui contient le titre Alone, peut être sa chanson la plus connue, elle a été reprise par This Mortal Coil en 1986). L'album qui suivra : Commercial Suicide (1986) m'a un peu moins enthousiasmé avec ces sonorités plus pop et surtout des structures nettement moins avant-gardistes et audacieuses à l'exception notable de l'excellent titre Metarkest qui rappelle un peu ses étranges Fish de 1981.

Chants à écouter : Chants à acheter :

lundi 9 novembre 2009

Berlin 61/89 Wall of sound


Sortie le mois dernier, cette compilation - en forme de double album - regroupe intelligemment un grand nombre des héros musicaux allemands de l'après-guerre dont des artistes assez peu connus dans l'Hexagone comme Agitation Free, Brainticket ou Liaisons dangereuses.

A écouter dès que possible !

Chants à écouter : Chants à acheter :

vendredi 6 novembre 2009

Kluster & Cluster - précurseurs de l'indus et de l'ambient

Démarrer la découverte de la "kosmische musik" avec un groupe aussi aride que Kluster (Hans-Joachim Roedelius, Dieter Moebius et Conrad Schnitzler) n'est pas forcement une bonne idée. Créé à la fin des années 60, ce trio allemand partage ses albums entre faces A scandées par de longs commentaires politiques (déclamés par un comédien homme ou femme) et faces B instrumentales bourrées d'effets et de slaps de violoncelles évoquant plus Bernd Alois Zimmermann ou Mauricio Kagel que n'importe quel titre pop-rock standard de l'époque.

Fondé après que le violoncelliste Conrad Schnitzler (ex-Tangerine Dream) se soit fait la malle, le duo Cluster tente d'abord d'oeuvrer dans un style électronique un peu moins brut et évolue rapidement dans une veine nettement plus pop avec des disques comme Zückerzeit et Sowiesoso qui dépassent même parfois certaines pistes mineures du Kraftwerk de la même époque.

La première fois que j'ai entendu Cluster, j'ai été stupéfait de découvrir un son aussi précurseur ! (ce n'est pas bien compliqué, la musique industrielle, Brian Eno, la techno expérimentale et le postrock leur doivent presque tout).

Eric Deshayes a eu raison de comparer les premiers Cluster avec des morceaux instrumentaux comme All saints de Bowie (sauf qu'il fait une erreur dans son livre car le morceau date de 77-78 et non pas des années 90 comme il l'indique à tort mais bon...). Je n'avais jamais entendu un truc comme Cluster 71 avant : on dirait une sorte de Stockhausen (période Electronic Study) mais avec une pulsation totalement rock malgré l'absence de batterie ! Le second album Cluster II, un peu moins puissant, est tout de même fabuleux de finesse avec ses climats angoissants et pesants.

Un disque comme Little Black Cloud de A Wake A Week (chroniqué par GT récemment), ne doit pas seulement aux BOs de Vangelis ou Badalamenti mais n'aurait jamais pu avoir un son pareil sans la démarche d'un groupe comme Cluster.

Chants à écouter :
Chants à acheter :

jeudi 5 novembre 2009

Amon Düül II - Between the eyes


J'ai trouvé à l'instant cet époustouflant live d'Amon Düül II à la télé allemande en 1970. Il s'agit de la face B d'un 45T sorti juste après Yeti. Et ce qui est marrant c'est qu'on y trouve déjà la base de ce qui donnera Toxicological Whispering sur l'album suivant.

A ne pas louper (mais punaise qu'ils étaient laids !)

Chants à écouter :

mercredi 4 novembre 2009

The Beatles - Julia

Comme sans doute d'autres personnes de mon âge, j'ai découvert les Beatles par l'intermédiaire du Dear prudence de Siouxsie and the Banshees. Sans ce titre et leur fameux Helter Skelter, je ne suis pas certain que j'aurais réellement accroché à ce groupe adoré jadis par ma mère et aujourd'hui par mon fils âgé de 10 ans.

Bien que je connaisse sans doute presque toute leur production, je suis loin de tout aimer et encore moins de tout connaître en matière de Beatles, la gageure de GT a donc été encore moins évidente pour un blog comme le mien : parvenir à trouver une chanson d'eux suffisamment "éthérée" et en parler. Les très planants Dear prudence et Tomorrow never knows ayant déjà été pris, j'ai dû me rabattre sur la très belle Julia.

Face B de l'horripilante Ob-La-Di, Ob-La-Da , la pudique et douce Julia semble être son antithèse absolue. Ecrite par Lennon en hommage à sa mère Julia décédée lorsqu'il avait 17 ou 18 ans, c'est apparemment la seule chanson de l'Album blanc a avoir été interprétée en solo par le futur membre du Plastic Ono Band. Les harmonies légèrement planantes et atmosphériques du morceau annoncent presque Nick Drake ou certains Pink Floyd du début des années 70, en tout cas je pense qu'elle ne dépareille pas avec le style musical que je défends ici.

Chants à écouter :
Chants à acheter :